pensées spontanées

23 avril 2020

J’ai envie de crier alors j’écris, car écrire c’est hurler sans bruit comme l’a écrit Marguerite Duras dans «Écrire». J’ai envie d’hurler parce que je voudrais, sans cesse, sortir de ma maison mais en même temps je rêve de la trouver pour l’éternité.

 «Écrire» ça été mon livre de chevet pendant des mois quand j’ai commencé à vouloir écrire. Je ne l’ouvrais pas mais il restait là sur la table en bois. J’avais tellement aimé le lire que je ne voulais pas le relire mais je voulais m’en souvenir la nuit pour qu’un jour mes rêves deviennent réalité.

Marguerite Duras, elle a cette plume directe qui ne vous lâche jamais alors même qu’elle ne vous parle que de l’histoire d’une mouche. Moi aussi, je me suis souvent dit que je pourrais raconter la vie d’un sac en plastique, que je voulais écrire pour ne rien dire mais finalement j’ai écrit des romans avec des histoires et j’ai aimé donner vie à des personnages qui ne soient pas des sacs plastiques.

Mon autre grande rencontre a été avec Christian Bobin et son livre «Prisonnier au berceau». Cela remonte à 2012 alors que j’accompagnais ma mère pour visiter un atelier en banlieue parisienne. On est restés longtemps à discuter avec les propriétaires. Lui, était peintre, elle était sa muse. À la fin, il m’a offert ce livre de Christian Bobin où iI est question de son enfermement dans sa maison comme dans «Écrire» où Margueritte Duras parle de la solitude d’une maison. Mais Christian Bobin, lui, parle sans cesse des anges et moi j’aime bien les anges car on n’est plus jamais vraiment seuls.

Je ne crois pas que cela soit un hasard si ces deux textes parlent tous deux de l’enfermement dans une maison.

De nos jours, ce qu’on désire le plus c’est une belle maison et en même temps on passe notre temps à vouloir la quitter pour découvrir de nouvelles terres. C’est dur de choisir une terre, sa terre, et d’y rester quant à chaque instant on pourrait partir à l’aventure. Pourtant, c’est peut-être ça qui nous manque cruellement, de choisir notre parcelle et d’en prendre soin. C’est peut-être ce que la Terre attend de nous, qu’on choisisse notre bout d’elle et qu’on la garde.

Je voudrais écrire un nouveau livre mais je ne sais pas quoi écrire. Je n’ai pas peur de la page blanche, je sais que c’est autre chose, que c’est le processus, que je n’ai pas le choix que d’attendre parce que l’attente est un personnage.

Un jour, un astrologue m’a dit, qu’avec mon thème astral, il n’y avait rien de pire que l’attente. Alors en attendant, j’écris sur ce journal où je peux écrire pour ne rien dire mais j’y écris seulement quand ça me chante, pas tous les jours, comme il le faudrait pour performer mon référencement Google, mais seulement quand ça me chante.