pensées spontanées

7 avril 2020

Ce matin, quand j’ai sorti mon chien, il y avait des nouvelles fleurs dans le jardin. Ces derniers jours, dans l’herbe, il n’y avait que des pâquerettes mais désormais il y a aussi des pissenlits jaunes.

Ça m’a rendue heureuse. Une sérénité est montée en moi naturellement, sans que je me disque qu’il faille être dans la moment présent ou être sereine pour le système immunitaire ou être dans l’amour pour rester en vie. Bref, ça ne se commande pas tout ça et là c’est juste venu. D’ailleurs, ça vient comme ça repart et ça ne se contrôle pas.

On ne peut que faire avec ce qui jaillit.

Et puis, pendant ma sieste j’ai vu, par la fenêtre, plein de petites fleurs blanches délicates dans l’arbre. Peut-être qu’avec l’arrivée du printemps et le retour de la chaleur mêlée à une brise légère, il va aussi avoir envie de devenir doux ce putain de virus. Peut-être qu’il aura aussi envie de penser à ce qui le fait vibrer et qu’il partira réaliser ses rêves ailleurs que dans les corps humains.

On ne sait pas, on ne sait rien. C’est dur d’accepter qu’on ne sait rien. Alors oui, il y a un tas de gens qui ont des tonnes d’avis tranchés sur le sujet. Ils sont plus certains les uns que les autres de leurs explications. Évidemment, cela serait plus rassurant de croire à un complot géant, de croire qu’on nous ment ou qu’on nous manipule car cela voudrait dire qu’on contrôle la situation.

Rien n’est plus difficile que de ne pas savoir. Pourtant c’est avec ce «Je ne sais pas» que mon petit corps se détend, que mes tensions s’évaporent, que ma tête arrête de parler pour ne rien dire et que le clame émerge de l’incertitude.