journal / écriture

Écrire un roman

Quelles sont les astuces pour faire face à la plage blanche, se mettre à écrire ? Comment trouver une histoire, des décors, donner vie à des personnages ? Quelles sont les clés qui aident à élaborer un plan ? Qu’est ce qu’un point de vue ? Comment construire des scènes, laisser éclore la narration ? Si vous avez envie d’écrire un roman mais que vous ne vous sentez pas à la hauteur, j’espère que ces quelques conseils vous inspireront.

J’ai beaucoup appris de l’écriture de mes deux romans « Là où chante l’étoile » et « Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête ». Toutes les techniques d’écriture me passionnent. Une vraie frénésie d’apprentissage ! J’ai lu de nombreux livres sur le sujet, des guides pour inventer des scénarios, j’ai regardé beaucoup de vidéos et j’ai aussi eu la chance de rencontrer des personnes formidables qui m’ont transmis leur expérience. Cet été, j’ai eu l’idée de rédiger des posts sur mon compte Instagram afin de partager quelques astuces d’écriture… Vous avez été nombreux à me remercier et j’ai donc eu l’envie de compiler ces conseils dans cet article.

1/ Comment se mettre à écrire ?

J’ai souvent entendu des gens me dire que je ne serais jamais écrivain si je n’écrivais pas tous les jours et si je ne lisais pas assez ! Cela me mettait une telle pression ! Car j’écris par périodes, avec de longues phases sans rien faire…  En plus, je lis peu (mais quand j’ai un livre que j’aime, j’en fais des fiches jusqu’à le connaître presque par coeur) et je fais des fautes d’orthographe (malgré les 7 années d’études de droit, je partais de loin avec mes zéros en dictée). La totale ! Cependant, je me suis rendue compte qu’écrire, ça n’est pas seulement prendre un stylo et passer des heures devant son bureau. Ecrire, c’est bien plus que ça. C’est une façon de voir le paysage, d’écouter les gens, d’emmagasiner la vie… Chouette ! Cela veut dire qu’on écrit même quand on regarde la télé ou les petits oiseaux passer… Y’a de quoi déculpabiliser. Bon, sauf qu’à un moment il faut arriver à se mettre à ce putain de bureau et sortir tout ça de soi.

J’ai remarqué que plus je m’affrontais en me disant que j’étais nulle de ne pas écrire, plus je restais au point mort. C’est l’enfant en soi qui écrit, donc s’il se fait engueuler par l’adulte, il va se braquer ! Voici ma technique : ne surtout pas chercher à écrire mais à mettre en place des astuces. Mettre sa créativité à inventer des choses amusantes et qui font plaisir pendant la plage d’écriture. Trouvez pour l’enfant en vous de quoi jouer. Réfléchissez à vos rituels (Exemple : commencer par un peu de yoga, mettre de la musique, coller des stickers sur l’ordi ou bien se mettre dans le lit, rêvasser, prendre un carnet….) Le tout est de faire diversion au blocage ! Et surtout rire, connecter son âme d’enfant, faire des trucs inutiles…

2/ Trouver son histoire

Cette première phase peut sembler une montagne : «Ecrire un livre, ça prend des années et c’est très dur». Comment commencer sans se noyer ? Personnellement, je crée des supports pour noter des idées en vrac (car plus on note, plus elles naissent) : un carnet toujours sur soi, un document Word (qui n’est pas le livre mais un brouillon) ou l’application «Notes» sur le téléphone. Prendre le réflexe d’aller écrire toutes les idées qui viennent par la tête, ce dont on a envie, ce qu’on aime comme histoire, ce qu’on déteste, ses analyses de livres, ce qui nous faisait vibrer enfant, ses rêves de vie, faire des recherches sur des sujets qui nous plaisent même si ça part dans tous les sens. Tout, tout, tout ! Et cela dès qu’on a un moment de libre dans le métro, en attendant quelqu’un qui est en retard (du coup on adore attendre, lol), au supermarché, en faisant une belle balade dans la nature… Bon, ça énerve tout le monde car on a l’air super dans la lune mais c’est très important. Il m’arrive même de noter mes idées en marchant dans la rue… Les idées arrivent telles des fulgurances mais pour cela il faut avoir activé en soi le réflexe qu’on va les noter. Sinon elle ne naissent même pas !

Les idées peuvent aussi venir la nuit dans les rêves… Par exemple, j’ai eu en rêve les deux titres de mes romans ainsi que des idées de scènes ! Pour cela, c’est important de toujours avoir de quoi noter en se réveillant. Cela active la possibilité que ça arrive même si rien ne se passe pendant des mois. Il peut aussi y avoir des signes le jour, des coïncidences, une scène qui ressemble à ce qu’on veut écrire et qui se passe dans la réalité devant nos yeux… Tout peut indiquer l’histoire d’un livre… Pour mon premier roman, j’ai construit l’histoire en assemblant des anecdotes concrètes qui étaient arrivées à des gens autour de moi, alors que pour mon deuxième roman, je suis allée chercher chaque rebondissement dans mon imaginaire… Ces manières de faire différentes se sont imposées à moi grâce à ce même processus !

Potrait Olivia Zeitline @David Godichaud

3/ Un décor que l’on connaît sur le bout des doigts

Un décor c’est un lieu, une terre, une nature. C’est aussi des habitudes de vie, un contexte, une histoire. Personnellement, je ne peux pas écrire un livre sans être allée à l’endroit dont je parle, et sans y avoir passé du temps. Du temps à regarder les gens passer, à discuter avec eux au café, à prendre des photos et à observer les détails des architectures, des rues, des arbres et même du ciel et des nuages. Tous les ciels sont différents. Pour moi, le plus important est de baigner dans l’ambiance particulière d’un lieu et d’en ressentir sa particularité dans ma chair. Puis de tout noter dans des carnets comme une sorte d’enquête.

Pour écrire mon premier roman «Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête», j’avais choisi un décor qui m’est familier. Paris. Quand je suis venue y habiter en 2010, j’ai eu la sensation de découvrir un nouveau monde, que tout s’ouvrait à moi. J’ai sillonné des quartiers inconnus, de Belleville au Père Lachaise, en passant par la rue de Clignancourt. J’ai découvert une effervescence artistique, des terrasses de cafés sur des places, des magasins insolites. Pour écrire mon premier roman, je me suis servie de ma joie à explorer cette ville. Étrangement, le jour où j’ai mis le point final à mon roman, en mars 2017, j’ai eu, pour la première fois, envie de quitter Paris. Avant, je n’aurais même pas envisagé cette possibilité car j’y avais ma famille, mes amis, mon centre de yoga, mes habitudes d’écriture. Dans ma tête et dans mon corps, une voix forte (celle dont je parle dans mes livres) me chuchotait : «Paris, c’est terminé pour le moment». Un mois plus tard, je laissais mon appartement sans trop savoir où aller. Même si je n’en avais aucune idée sur le moment, un nouveau décor m’attendait…

4/ Partir loin… jusqu’à toucher les étoiles

Un livre peut aussi appeler à partir hors de sa zone de confort, loin de ses habitudes, à plusieurs milliers de kilomètres, à l’autre bout du monde. Je m’explique. Au delà du besoin d’avoir vu pour écrire, il y a aussi le besoin d’avoir vécu les hauts et les bas, les difficultés et les bonheurs. Après avoir laissé mon appartement parisien, j’ai commencé un mode de vie nomade sans trop l’avoir décidé (c’est ce que je raconte dans mes interviews pour les magazines Open Mind et Fémininbio été 2019) ! Nous avons vogué à Paris, puis en France où nous avons été invités à des festivals de films, chez des amis. Mais très rapidement, l’idée est venue de partir à Los Angeles car mon compagnon voulait rencontrer des producteurs de films. Je me suis dit que je pouvais me servir de cette ville comme décor de mon deuxième roman ! Je précise que si nous n’avions pas quitté Paris, nous n’aurions pas eu l’idée de partir à Los Angeles (comme quoi l’intuition sait très bien ce qu’elle fait). Le 19 janvier 2018, nous posions le pied sur le sol de la ville des anges pour 3 mois (la durée maximum du VISA).

Je ne m’attendais pas à ce qui allait se produire avec LA. Cette ville, difficile d’accès pour nous Européens, avec ses boulevards sans fin, sa taille démesurée et ses clochards abandonnés, m’a pourtant fait l’effet d’une bombe à l’intérieur. Trois jours après mon arrivée, je me mettais à écrire par jets, sans discontinuer. Je me suis sentie libre d’être qui je suis. Je me suis laissée porter par leur vision moderne de la spiritualité présente absolument partout (par exemple, dans un de mes cafés favoris, il y avait des mantras sur les murs, des tags avec Tesla et à deux pas de chez nous, la maison de l’intuition !) Je me suis sentie reliée à l’esprit de Jack Kerouac, à sa poésie spontanée. Cette ville ne m’a donc pas seulement donné un décor à décrire, mais également des clés mystiques pour l’écriture de «Là où chante l’étoile». Car derrière l’image de la ville superficielle des stars, il y a aussi un passage vers d’autres étoiles.

5/ Rencontrer son personnage

Pour donner naissance à un personnage de roman, au départ je fais une fiche en écrivant son prénom et son nom, son âge, ses origines, ses relations avec son père, sa mère, ses frères et soeurs (s’il en a), son milieu social, ses études, les événements difficiles de sa vie, ses moments de bonheur. Puis sa description physique, ce qu’il aime faire dans la vie, ce qu’il aime manger, ses habitudes, où il habite, les villes du monde où il a vécu, son caractère, ce qu’il considère comme ses points forts et ses faiblesses, ses hontes et ses fiertés. Ce qu’il montre de lui en public et ce qu’il cache. Ensuite, ce personnage commence à s’incarner dans le roman en fonction de ses réactions aux évènements et aux interactions avec les autres protagonistes. Il devient de plus en plus vivant jusqu’au jour où il apparaît en chair et en os…

En septembre 2017, après la sortie de mon 1er roman, au moment où je commençais à écrire la suite, mon compagnon Dominique Filhol réalisait le clip de notre ami Gautier Capuçon pour son album «Intuition». Ils m’ont proposé de venir voir le casting de la danseuse car ils savaient que j’adorais la danse… Quelle a été ma surprise quand une danseuse a jeté son chewing-gum dans une poubelle en entrant dans la salle (scène que j’avais écrite à l’identique dans mon 1er livre)… Une coïncidence qui m’indiquait le moment magique que nous allions vivre. Cette danseuse nous a tous les 3 fait pleurer… Et elle ressemblait tant à ma Charlotte… J’ai eu la chance de rencontrer Fanny Sage sur le tournage du clip du « Cygne » (qui se déroulait en haut d’une montagne)… Très naturellement, elle a accepté par la suite de m’aider à construire le parcours professionnel de danse de mon deuxième roman … C’est alors que le personnage de la réalité m’a aidée à continuer le chemin de celui de mon personnage de fiction… Et que la magie a, une fois de plus, fait son apparition sur mon chemin d’écriture…

6/ Un plan mouvant qui évolue au fil du temps

Une fois qu’on a des idées pour son histoire, ses décors et ses personnages, voilà le moment de rassembler tout ça pour faire un plan. C’est le moment de se lancer pour inventer les actions et les respirations… Mon conseil : écrire même si cela semble chaotique. L’important ici est de faire une première trame jusqu’à la fin. Ensuite le plan se transformera sans cesse jusqu’au point final. Un plan est mouvant, tel un organisme vivant.

Personnellement, j’ai deux documents. Un plan détaillé et un plan très synthétique qui me permet de sentir le mouvement de l’histoire dans mon corps pour m’assurer qu’il fonctionne. Le plan est un peu comme une sorte de danse. Chaque jour, avant de commencer à rédiger, je relis le plan synthétique, je fais les modifications que la rédaction de la veille m’a montrées… Je me remets dans le tempo de mon histoire. C’est le rythme qui me donne envie d’écrire à nouveau… Et parfois je m’arrête et je coince car la musique n’est plus là. Généralement, c’est pour que je trouve une meilleure idée dans mon plan. Celui-ci mature donc avec le temps, la répétition et les solutions qui arrivent quand on ne les attend plus. C’est un beau processus qui me fait penser à une plante qui pousse quand on l’arrose chaque jour…

7/ Choisir son point de vue pour décrire le monde

Avant de commencer la rédaction pure d’un livre, il se pose la question du point de vue. Ce choix est assez complexe mais je vais essayer de le résumer le plus simplement possible dans ce petit article. En très simplifié, il s’agit de savoir si on écrit l’histoire du héros à la première ou à la troisième personne du singulier.

Si on écrit à la première personne, on est dans sa peau et on décrit le monde et ce qui se passe à travers son regard (l’avantage est que le lecteur peut facilement s’identifier au héros). Si on écrit à la troisième personne, on est dans la peau d’une sorte de personnage neutre qui décrit ce qu’il voit d’en haut (l’avantage est qu’on peut aller dans la tête de tous les personnages). Dans le premier cas, on écrit la scène à partir de l’intérieur du héros et dans l’autre cas, à partir de l’extérieur.

Dans mes romans, j’ai choisi d’écrire à la troisième personne car j’aime me mettre dans la peau de cette force invisible et omniprésente qui voit tout et qui sait tout. La difficulté est alors de trouver des astuces pour passer du dehors au dedans du personnage. Souvent, c’est l’action qui le permet (exemple : le héros pédale sur son vélo, on entre dans ses pensées au moment où il observe le paysage puis on sort de sa tête quand il arrive à destination).

8/ Construire ses scènes comme avec une caméra

Pour écrire une scène, je commence par prendre une feuille blanche et j’écris en vrac tout ce qui se passe. Où se déroule-t-elle ? Quelle heure est-il ? Comment sont le décor, la nature, les lieux ? Qui sont les personnages ? Que font-ils ? Que se disent-ils en gros ? Comment se déplacent-ils ? Quel est le but de cette scène et en quoi fait-elle avancer le récit ? Quels sont son début et sa fin ? J’écris le déroulé le plus précisément possible en m’imaginant sur un plateau de tournage avec une caméra en train de filmer un plan séquence. À cette étape, je dessine parfois un petit story board… J’ai toujours aimé dessiner, ça m’aide beaucoup pour écrire mais cela dépend de chacun.

Je passe beaucoup de temps à cette étape car je suis plutôt kinesthésique… Je ressens très bien les émotions des personnages, c’est ce qui me guide mais je ne vois rien. Je ne suis pas très visuelle ! Mon compagnon, lui, voit les scènes se dérouler dans sa tête quand il écrit ses scénarios. Il n’a donc pas forcément besoin d’autant travailler à cette étape… Cela vient naturellement. Une fois tous les éléments notés sur des brouillons, je commence enfin la rédaction… Eh oui, il aura fallu toutes ces étapes avant le grand saut… Plus on prépare, moins on est en panne devant une feuille blanche ! En fait, écrire c’est tout ce qui se passe avant et après… car souvent pendant l’écriture, un nouvel élément arrive et chamboule tout et il faut tout recommencer…

9/ Trouver sa narration tel un alchimiste

Voici venu le temps de se lancer dans le grand bain, d’assembler tous les éléments, de les malaxer, les mélanger pour obtenir une réaction, et si possible, une fusion…Voici les principales questions :

 ⦁ Comment raconter son histoire ? Passer de l’éther au concret ? L’astuce est d’expliquer ce qui «est» grâce à ce qui se passe. Le but est donc de faire vivre les éléments. Par exemple, pour faire sentir le caractère d’un personnage, il faut montrer ce qu’il fait. S’il est dans la lune, il peut perdre sans arrêt ses clés !

⦁ Quel est le rythme de l’enchaînement des actions ? Personnellement, j’ai tout de suite eu envie d’une narration rapide, qui relie à l’instinct.

⦁ Comment intégrer les descriptions, les pensées des personnages ? L’essentiel est de se rappeler qu’ils doivent avoir un lien avec ce qui se raconte.

⦁ Comment faire intervenir les dialogues dans tout ça ? Regardez comment font les autres et inspirez-vous…

Trouver sa manière de compter me fait penser à un alchimiste qui s’y reprend, encore et encore, jusqu’à ce qu’il trouve… l’inexplicable… Les premiers jets sont rarement satisfaisants, sauf miracle ! Par contre, ils délivrent une texture, une direction… L’important (et le plus difficile) est de garder la foi que le résultat sera beau. Étrangement, c’est en s’autorisant à sortir le chaos que soudain, comme par magie, une narration inconnue s’impose des profondeurs. Elle fait le même effet que lorsqu’on entend sa voix pour la première fois. Est-ce bien la mienne ? Le meilleur conseil que l’on m’ait donné : «Une narration ne se contrôle pas, elle surgit…». On ne la choisit pas, on apprend à lui ouvrir les bras.

Potrait Olivia Zeitline @David Godichaud

10/ Se servir des erreurs et des répétitions comme des signes

On nous apprend qu’une erreur ou qu’une répétition est une honte ! Moi qui avais zéro en dictée toute mon enfance, autant vous dire que j’étais bien traumatisée… Loin de moi l’idée d’écrire à cause de cette tare… Or, quand je m’y suis mise, je me suis aperçue que la plupart de mes erreurs avaient un sens ! Incroyable…  Maintenant, elles me font sourire et parfois rire… On dirait des messages amusants envoyés par mon inconscient… Au lieu de me juger, j’essaye de décoder…

Généralement, c’est le signe que je n’ai pas tout dit… que quelque chose cherche à venir sur le papier. Pareil pour les répétitions ! Qu’ai-je peur d’écrire et qui marque sa place, sa présence, sans que j’arrive à trouver la force de l’exprimer ? Au lieu de me flageller, je me sers donc maintenant de mes erreurs pour enrichir mes textes. Et ça fait du bien !

11/ L’écriture spontanée

Depuis le début de ces posts, je vous parle beaucoup de construction, de mise en place d’éléments… Je ne vous ai pas encore parlé d’écriture spontanée, celle où l’on se laisse porter, où les mots viennent les yeux fermés et où les doigts tapent tout seuls sur le clavier… Je ne vous en ai pas encore parlé parce que, selon mon expérience, celle-ci vient quand tout a été mis en place pour l’accueillir… L’organisation rationnelle prépare un espace rassurant pour qu’un jet instinctif puisse s’écouler sur la feuille… Je ne crois pas au syndrome de la page blanche qui ne pourrait pas se résoudre. Cela indique que le cadre a besoin d’être renforcé, qu’un élément doit être amélioré. L’écriture spontanée a besoin de sécurité car elle porte en elle l’essence, la sensibilité, l’authenticité. Pour éclore, elle a besoin d’être protégée comme un trésor… Je vois la création comme le résultat de l’entraide de ces deux polarités, de la sécurité et de la liberté, de la préparation et de la spontanéité, de la rationalité et de l’intuition, des principes masculin et féminin…

12/ Quand c’est la fin…

J’avais souvent entendu dire qu’il était difficile de se dire qu’un livre est fini. Effectivement, comment ne pas avoir envie de sans cesse améliorer sa prose, de corriger des imperfections qui semblent se voir comme le nez au milieu de la figure ? C’est assez difficile de se relire car on voit tant de détails qu’on voudrait retravailler mais parfois, malgré tout ça, le livre est fini. Personnellement, je le sais quand toutes les questions ont trouvé des réponses, quand chaque intrigue a été démêlée, quand chaque description, chaque dialogue a trouvé sa place. Je sens une grande légèreté dans mon corps. Tout s’emboîte parfaitement.

Évidemment, des peurs subsistent car la partie peut-être la plus difficile pointe le bout de son nez… Celle où l’on va devoir se confronter au regard de l’autre, oser montrer ce que l’on gardait pour soi bien au chaud… Pour mon premier roman, cela a été facile car je n’avais pas conscience de ce qui m’attendait. Pour mon deuxième roman, je tremblais de peur. Ce qui m’a le plus aidée était de savoir que c’est normal ! C’est normal d’être terrorisé. Et c’est beau d’une certaine manière car cela veut dire que l’on tient fort à son petit bébé !

À tous ceux qui se lancent dans cette belle aventure de l’écriture, j’espère que ces partages pourront vous inspirer et je vous souhaite beaucoup de force et de foi !