Un décor c’est un lieu, une terre, une nature. C’est aussi des habitudes de vie, un contexte, une histoire.

Personnellement, je ne peux pas écrire un livre sans être allée à l’endroit dont je parle, et sans y avoir passé du temps. Du temps à regarder les gens passer, à discuter avec eux au café, à prendre des photos et à observer les détails des architectures, des rues, des arbres et même du ciel et des nuages. Tous les ciels sont différents. Pour moi, le plus important est de baigner dans l’ambiance particulière d’un lieu et d’en ressentir sa particularité dans ma chair. Puis de tout noter dans des carnets comme une sorte d’enquête.

Pour écrire mon premier roman « Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête », j’avais choisi un décor qui m’est familier. Paris. Quand je suis venue y habiter en 2010 j’ai eu la sensation de découvrir un nouveau monde, que tout s’ouvrait à moi. J’ai sillonné des quartiers inconnus, de Belleville au Père Lachaise en passant par la rue de Clignancourt. J’ai découvert une effervescence artistique, des terrasses de cafés sur des places, des magasins insolites. Pour écrire mon premier roman, je me suis servie de ma joie à explorer cette ville. Étrangement, le jour où j’ai mis le point final à mon roman, en mars 2017, j’ai eu, pour la première fois, envie de quitter Paris. Avant, je n’aurai même pas envisager cette possibilité car j’y avais ma famille, mes amis, mon centre de yoga, mes habitudes d’écriture. Dans ma tête et dans mon corps, une voix forte (celle dont je parle dans mes livres) me chuchotait « Paris c’est terminé pour le moment ». Un mois plus tard, je laissais mon appartement sans trop savoir où aller. Même si j’en avais aucune idée sur le moment, un nouveau décor m’attendait… (la suite au conseil n°5…)